Toute une histoire – Hikikomori – VIDEO

Le replay de l’émission est désormais disponible.

http://m.france2.fr/emissions/toute-une-histoire/diffusions/14-06-2016_493107

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Toute une histoire – Hikikomori

« Au Japon, ils seraient 260.000 adolescents et jeunes adultes à décider soudainement de se couper physiquement du monde pour une durée indéterminée. »

FAUX

  1. Il s’agit d’environ 700.000 personnes. 260.000 est une sous-estimation.
  2. Ce n’est pas soudain : c’est toujours progressif, avec des signes au collège, puis une aggravation au lycée et une installation dans le retrait entre 20 et 30 ans.
  3. Ce ne sont pas majoritairement des adolescents pour lesquels on parle d’absentéisme scolaire (futôkô).

 

« La plupart des Hikikomori sont âgés de 15 à 35 ans. »

FAUX.

C’est imprécis. Selon une enquête épidémiologique et psychiatrique (Saitō et al. 2010 : 140*) :

  1. 99% ont plus de 20 ans. 65% ont plus de 30 ans.
  2. L’âge moyen est supérieur à 32 ans.
  3. L’âge moyen de déclenchement est supérieur à 20 ans.
  4. L’âge moyen lors du premier diagnostic est supérieur à 27 ans.

 

« Au Japon où l’on a beaucoup étudié le phénomène, qui est essentiellement masculin, on observe un fort problème de construction identitaire, en raison de l’incapacité des pères japonais à communiquer avec leurs enfants. »

FAUX : Rien ne prouve que les pères japonais soient incapables de communiquer avec leurs enfants. C’est une généralisation infondée et qui ne s’appuie sur aucune preuve tangible.

 

« On note aussi le fait d’enfants rois, enfant élevés dans une grande permissivité, surprotégés, qui décident de s’enfermer autant par caprice que par peur du monde extérieur, on a évoqué aussi une relation fusionnelle à la mère, renforcée par une absence de rivalité avec le père. »

Qui est ce « on » : « on » note « on » évoque ? Sur quoi s’appuie l’affirmation selon laquelle les personnes en retrait social sont des enfants surprotégés, qu’ils ont peur du monde extérieur, qu’ils ont « une relation fusionnelle à la mère renforcée par une absence de rivalité avec le père » ? A-t-on prouvé une différence avec les personnes non-hikikomori ?

La même question se pose concernant l’addiction à internet : y a-t-il une différence entre ceux qui sont hikikomori et ceux qui ne le sont pas ? Aucune étude ne montre que les hikikomori passent davantage de temps sur l’ordinateur et internet comparé à une population contrôle.

Note: Je commenterai l’émission lorsqu’elle sera disponible en replay.

*Saitō, Kazuhiko 齊藤万比古et al. 2010. Shishunki no hikikomori wo motarasu seishinka shikkan no jittai haaku to seishin igaku teki chiryō enjo shisutemu no kōchiku nikansuru kenkyū 思春期ひきこもりをもたらす精神科疾患の実態把握と精神医学的治療 ・ 援助システムの構築に関する研究. http://www.ncgmkohnodai.go.jp/pdf/jidouseisin/h19-jidouseisin.pdf