Journée d’étude sur le retrait social des jeunes (hikikomori) au Japon, Université de Toulouse 2, vendredi 31 janvier 2014

Journée d’étude organisée par le

Centre d’études japonaises – Antenne de Toulouse (INALCO, EA 1441) et le

Laboratoire Cliniques Pathologique et Interculturelle (LCPI, EA 4591, axe 2 : ERC)

Salle D29, Maison de la recherche, université de Toulouse-le Mirail

9h00-9h15 :      Marie-Jean SAURET (LCPI)

                       Introduction à la journée d’étude

9h15-9h45 :      Nicolas TAJAN (doctorant LCPI)

Hikikomori et taijin kyôfushô

9h45-10h15 :   Christian GALAN (CEJ)

                       « Tous-les-enfants-ressemblent-à-leurs-parents.-C’est-tout »

10h15-10h45 : Dorothée LEGRAND (Ecole Normale Supérieure, CNRS)

                       A quelle adresse ? Solitudes collectives au Japon

10h45-11h00 : Pause café

11h00-11h30 : Pascale MACARY-GARIPUY (LCPI)

                        Lien social et subjectivité au Japon

11h30-12h00 : Natacha VELUT (Université Paris Descartes, CNRS, Cermes3)

                         Le retrait comme force de suspension

12h00-12h45 : Débat et discussion avec la salle

12h45-14h00 : Pause déjeuner

Amphi 12, UFR LLCER, bâtiment 31

14h00-17h00 : Projection d’un film sur le hikikomori, suivie d’un débat avec la salle et les intervenants du matin

LE RETRAIT SOCIAL AU JAPON. Enquête sur le hikikomori et l’absentéisme scolaire (futōkō)

 

Résumé de la thèse “LE RETRAIT SOCIAL AU JAPON. Enquête sur le hikikomori et l’absentéisme scolaire (futōkō)” (Tajan 2014)

Soutenance prévue le 8 février 2014 à l’université de Toulouse 2 le mirail.

Notre thèse de doctorat décrit et analyse le retrait social au Japon (hikikomori et futōkō). Hikikomori désigne à la fois un phénomène de retrait social concernant plusieurs centaines de milliers de personnes, et la personne elle-même, qui reste enfermée dans sa chambre, généralement au domicile familial, pour une durée de plusieurs mois voire plusieurs années, sans relations sociales. Le retrait social des élèves est plutôt désigné par le terme futōkō (absentéisme scolaire).

D’abord, nous envisageons le hikikomori comme problème de société, nous synthétisons les travaux en anthropologie, psychiatrie et psychologie, et nous décrivons notre enquête dans les associations à but non lucratif (NPO), ainsi que les témoignages recueillis. Nous inscrivons nos perspectives à la charnière de la psychopathologie clinique et de l’anthropologie. Ensuite, et dans la mesure où la plupart des hikikomori ont vécu une période d’absentéisme scolaire, nous menons une enquête sur l’assistance au futōkō, via des entretiens menés avec des cliniciens du département de Kyōto. Enfin, nous confrontons le retrait social aux discours sur l’identité japonaise, à travers une étude originale des textes de Doi Takeo, Kawai Hayao, et Jacques Lacan.

Nos résultats soulignent que les hikikomori reçoivent surtout l’assistance des NPO au sein desquelles les psychiatres et les psychologues sont absents. En revanche, les psychologues cliniciens sont présents auprès des collégiens en difficulté, mais l’assistance des lycéens en difficulté demeure faible. L’ensemble de notre enquête démontre qu’au début du XXIème siècle, nous assistons à la naissance de la clinique infanto-juvénile nippone.

 

Mots clés : adolescent et jeune adulte, retrait social, hikikomori, absentéisme scolaire, futōkō, Japon, identité, concept culturel de la détresse, NPO, psychologie clinique japonaise, psychiatrie japonaise, psychanalyse

PhD Dissertation “Social Withdrawal in Japan” (Tajan 2014)

Title : « Social Withdrawal in Japan. An Investigation on Hikikomori and School Non-Attendance (futōkō) »

Nicolas TAJAN PhD defense expected February 2014

Abstract

The purpose of this PhD Dissertation is to provide a review of social withdrawal in Japan (hikikomori and futōkō). Hikikomori is the phenomenon of social withdrawal that effects hundreds of thousands individuals, in which the individual shuts his/herself in their room generally at their family’s home for several months and even years without social relationships. During the period of compulsory education, students’ social withdrawal is rather coined by the term futōkō (school non-attendance).

First, I consider hikikomori as a social issue and sum up previous research in Anthropology, Psychiatry and Psychology. Then, I describe my investigation in NPOs, hikikomori individuals’ accounts I collected, and draw my perspective on the intersection of Clinical Psychology and Mental Health Anthropology. Second, I investigate the support available to futōkō since many hikikomori experienced school non-attendance, using research interviews with clinical practitioners in Kyōto prefecture. Finally, I examine social withdrawal phenomenon in relation to Japanese identity discourse, towards a new approach of Doi Takeo’s, Kawai Hayao’s, and Jacques Lacan’s writings.

My results reveal that hikikomori mostly receive support from caregivers working in NPOs, among which psychiatrists and psychologists are absent. However, while clinical psychologists actually support junior high school students who are classified as futōkō, the support available to high school dropouts remains low. As a whole, this dissertation shows that at the beginning of the 21st century, we are just witnessing the birth of psychological clinics in Japan, especially in the field of child and adolescent mental care.

Key Words : Adolescent and Young Adult, Social Withdrawal, Hikikomori, School Non-Attendance, futōkō, Japan, Identity, Cultural Concepts of Distress, NPO, Japanese Clinical Psychology, Japanese Psychiatry, Psychoanalysis

Hikikomori à l’adolescence (De Luca et Thoret 2013)

Hikikomori à l’adolescence. Syndrome de retrait à domicile chez les adolescents japonais (De Luca et Thoret 2013)

Résumé

Depuis les années 1990 est apparu au Japon un nouveau phénomène touchant les adolescents et les jeunes adultes : le hikikomori. Le psychiatre japonais Saito a été le premier à conceptualiser le hikikomori et à en donner la définition suivante : sujets vivant reclus dans leur propre maison, depuis au moins six mois, avec un début entre 25 et 30 ans, et pour lesquels d’autres troubles psychiatriques ne peuvent pas mieux expliquer le symptôme primaire de retrait. On évalue la prévalence à environ un million de jeunes japonais. Dans sa définition du hikikomori, le ministère japonais de la Santé exclut la présence de troubles psychiatriques ; de nombreuses études portent sur l’existence de comorbidités (troubles anxieux, dépressifs, psychotiques, etc.). Il existe deux approches du hikikomori : l’une sociale mettant en avant les facteurs socioculturels à l’origine du trouble, l’autre psychiatrique centrée sur une approche plus individuelle et une lecture psychopathologique et familiale du trouble. Les soins proposés font toujours l’objet d’une évaluation, mais l’approche groupale et familiale semble la plus intéressante.

Mots-clés : Hikikomori, Retrait, Adolescents japonais, Syndrome culturel, Passivité

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Taijin kyôfushô (DSM-5)

Taijin kyôfushô as it appears in the fifth version of DSM

Taijin kyôfushô (”interpersonal fear disorder in Japanese”) is a cultural syndrome characterized by anxiety about and avoidance of interpersonal situations due to the thought, feeling, or conviction that one’s appearance and actions in social interactions are inadequate or offensive to others. In the United States, the variant involves having an offensive body odor and is termed olfactory reference syndrome. Individuals with taijin kyôfushô tend to focus on the impact of their symptoms and behaviors on others. Variants include major concerns about facial blushing (erythrophobia), having an offensive body odor (olfactory reference syndrome), innapropriate gaze (too much or too little eye contact), stiff or awkward facial expression or bodily movements (e.g., stiffening, trembling), or body deformity.

Taijin kyôfushô is a broader construct than social anxiety disorder in DSM-5. In addition to performance anxiety, taijin kyôfushô includes two culture-related forms : a ”sensitive type,” with extreme social sensitivity and anxiety about interpersonal interactions, and an ”offensive type,” in wich the major concern is offending others. As a category, taijin kyôfushô thus includes syndromes with features of body dysmorphic disorder as well as delusional disorder. Concerns may have a delusional quality, responding poorly to simple reassurance or counterexample.

The distinctive symptoms of taijin kyôfushô occur in specific cultural contexts and, to some extent, with more severe social anxiety across cultures. Similar syndromes are found in Korea and other societies that place a strong emphasis on the self-conscious maintenance of appropriate social behavior in hierarchical interpersonal relationships. Taijin kyôfushô-like symptoms have also been described in other cultural contexts, including the United States, Australia , and New Zealand.

Related conditions in other cultural contexts : taein kong po in Korea.

Related conditions in DSM-5 : social anxiety disorder, body dysmorphic disorder, delusional disorder, obsessive compulsive disorder, olfactory reference syndrome (a type of other specified obsessive-compulsive and related disorder). Olfactory reference syndrome is related specifically to the jikoshû-kyôfu variant of taijin kyôfushô, whose core symptom is the concern that the person emits an offensive body odor. This presentation is seen in various cultures outside Japan. » (APA 2013 : 837)

PS :

対人恐怖症 taijin kyôfushô

自己臭恐怖 jikoshû kyôfu

Mission “santé mentale” (Assemblée Nationale, France)

Assemblée nationale. Mission sur la santé mentale

Commission parlementaire sur la pédopsychiatrie le 16 Mai 2013.

Auditions du 31 Janvier 2013 (Rouillon, Oury, Roelandt)

Audition de Jean Oury sur ma chaîne Youtube.

Playlist en cinq parties (durée totale environs une heure) ci dessous.