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Génération Hikikomori

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Génération #hikikomori disponible en ebook 28,99€

“Génération hikikomori” est désormais disponible en ebook 28,99€, sur le site de l’Harmattan (+ aperçu Google des premières pages).

L’ouvrage sera bientôt disponible en librairie, et sur Amazon sous 3 semaines.

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=53919

Génération Hikikomori : J-10

Depuis les années 1990, un phénomène très particulier touche la population japonaise. Chaque année en effet, des centaines de milliers de personnes disparaissent. Appelé hikikomori, « retrait social », ce phénomène désigne des personnes qui, enfermées chez elles pendant plusieurs mois (au moins six mois), voire plusieurs années, se coupent du monde et n’ont plus aucune relation sociale.

Touchant essentiellement des individus entre 15 et 39 ans, le phénomène concernerait aujourd’hui près de 700 000 personnes, principalement des lycéens et des étudiants, mais également des employés et/ou des jeunes chercheurs d’emploi, qui n’arrivent pas à s’intégrer dans le monde qui les entoure. Dans une société ultra-organisée et codifiée et où prévaut le collectif sur l’individu, les hikikomori bouleversent l’idée d’un Japon uniforme : une « génération perdue » et longtemps mal comprise, mais qui, de plus en plus importante, suscite le débat et interroge une société japonaise en perte de repères.

Can “ Pokémon GO ” rescue shut-ins (hikikomori) from their isolated world?

Article by Kato et al. published online in

December 2016 in Psychiatry and Clinical Neurosciences

Open access: http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/pcn.12481/full

PS: “To date, there has been no evidence showing a correlation between the use of personal computers (PCs) and/or information technology (IT) and the occurrence of hikikomori, at least in Japan.”

 

Le Hikikomori entre Idiome culturel et expression actuelle de la souffrance au passage de l’adolescence à l’âge adulte (De Luca 2016)

  • L’Évolution Psychiatrique, Available online 26 July 2016,

http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0014385516301517

Abstract

Aim

Hikikomori is a syndrome involving withdrawal into the home for a duration of more than 6 months, identified among Japanese teenagers and young adults. The cultural and sociological approach is central in Japan, where a psychiatric understanding has long been denied. We set out to demonstrate how a psychopathological approach is coherent with the categorization found in the DSM 5, where Hikikomori is described as a cultural idiom, that is to say a present-day expression of distress in the transition to adulthood for certain adolescents, notably in France.

Methodology

From the very first descriptions of the Hikikomori found in the Japanese scientific literature of the 1980s, we will see how this voluntary confinement syndrome has grown in magnitude and has received special attention from the authorities, which have stressed its cultural aspect. We will discuss how this syndrome is rooted in the Japanese mythology and how it is expressed and described in other cultural contexts, as well as in the French and English-language psychiatric literature. We will finally adopt a psychopathological approach in order to complete our understanding of this behavior among boys at entry into adulthood.

Results

Hikikomori existed in other forms in Japan prior to the 1980s, and in France from the mid-1950s, in the so-called “claustration” or confinement syndrome, most often associated with psychotic disturbances. In English-speaking countries, it appears under the name of housebound syndrome, a particular form of agoraphobia for women. It also corresponds to the DSM 5 category “cultural idiom”. This describes an expression of suffering during the transition to adulthood concerning certain teenagers who are confronted to strong social and family demands, leading them to develop massive inhibitions and to suspend the ideals of their Ego so that they are finally driven to seek refuge in passivity.

Discussion

While the cultural approach is central in the Japanese literature, questions about the existence of comorbidities or about ‘primary’ or ‘secondary’ Hikikomori, point to the value of a psychopathological approach. Despite the refusal to consider Hikikomori as a culture-bound syndrome on account of the presence of similar cases in many other countries, its classification as a cultural idiom can integrate its dual cultural and psychopathological particularities. The role of inhibition, and the confrontation with a demanding and distressing ideal, shape a form of masculinity lapsing into passivity. Subjects seem to actively choose passivity in a kind of a masochistic logic so as to suffer less than if they were actually subjected to it. Thus social withdrawal and confinement in the home could serve as message to those around them, albeit addressed in negative form, an expression of distress linked to the difficulties of the transition from adolescence to adulthood.


Résumé

Objectif

Le Hikikomori est un syndrome de retrait à domicile pour une durée de plus de 6 mois décrit chez des adolescents et jeunes adultes japonais. L’approche culturelle et sociologique est privilégiée au Japon où une compréhension psychiatrique a longtemps été refusée. Nous allons démontrer comment l’approche psychopathologique rejoint la catégorisation dans le DMS 5 du Hikikomori comme un idiome culturel, c’est-à-dire comme expression actuelle d’une souffrance dans le passage à l’âge adulte chez certains adolescents, notamment en France.

Méthode

À partir des premières descriptions de Hikikomori dans la littérature scientifique japonaise dans les années 1980, nous verrons comment ce syndrome de claustration volontaire a pris de l’ampleur et a bénéficié d’une attention particulière des autorités qui ont mis en avant sa part culturelle. Nous verrons comment ce syndrome tire sa source de la mythologie japonaise et comment il se traduit et est décrit dans d’autres cultures et dans la littérature psychiatrique française et anglo-saxonne. Nous utiliserons enfin une approche psychopathologique pour compléter les modalités de compréhension de ce comportement chez des garçons à l’entrée dans l’âge adulte.

Résultats

Le Hikikomori existait sous d’autres formes au Japon avant les années 1980, de même en France depuis le milieu des années 1950 sous le nom de syndrome de claustration, associé le plus souvent à des troubles psychotiques, et dans les pays anglo-saxons sous celui de « housebound syndrome », forme particulière chez les femmes d’agoraphobie. Il s’intègre à la catégorie proposée par le DSM 5 d’idiome culturel, et rend compte d’une forme actuelle d’expression de la souffrance dans le passage à l’âge adulte chez certains adolescents confrontés à des exigences sociétales et familiales fortes qui les conduit à mobiliser une forte inhibition, à laisser en suspens les exigences idéales de leur moi et à se réfugier dans la passivité.

Discussion

Si l’approche culturelle est centrale dans la littérature japonaise, des questionnements sur l’existence de comorbidités associées ou de Hikikomori primaire ou secondaire, souligne l’intérêt d’une approche psychopathologique. En effet, malgré le refus de considérer le Hikikomori comme un syndrome culturellement lié en raison de la présence de cas similaires dans de nombreux autres pays, sa catégorisation comme idiome culturel permet de rendre compte d’une double spécificité culturelle et psychopathologique. La place de l’inhibition, la confrontation à un idéal exigeant et tourmentant façonne un masculin aux prises à la passivité, d’une passivité choisie dans une logique masochiste pour tenter de moins souffrir en la subissant. La claustration au domicile serait alors un acte messager en négatif, forme actuelle d’expression d’une souffrance liée aux achoppements dans le passage de l’adolescence à l’âge adulte.

Keywords

  • Hikikomori;
  • Claustration;
  • Adolescence;
  • Inhibition;
  • Cultural idiom

Mots clés

  • Hikikomori;
  • Claustration;
  • Adolescence;
  • Inhibition;
  • Idiome culturel

Toute une histoire – Hikikomori

« Au Japon, ils seraient 260.000 adolescents et jeunes adultes à décider soudainement de se couper physiquement du monde pour une durée indéterminée. »

FAUX

  1. Il s’agit d’environ 700.000 personnes. 260.000 est une sous-estimation.
  2. Ce n’est pas soudain : c’est toujours progressif, avec des signes au collège, puis une aggravation au lycée et une installation dans le retrait entre 20 et 30 ans.
  3. Ce ne sont pas majoritairement des adolescents pour lesquels on parle d’absentéisme scolaire (futôkô).

 

« La plupart des Hikikomori sont âgés de 15 à 35 ans. »

FAUX.

C’est imprécis. Selon une enquête épidémiologique et psychiatrique (Saitō et al. 2010 : 140*) :

  1. 99% ont plus de 20 ans. 65% ont plus de 30 ans.
  2. L’âge moyen est supérieur à 32 ans.
  3. L’âge moyen de déclenchement est supérieur à 20 ans.
  4. L’âge moyen lors du premier diagnostic est supérieur à 27 ans.

 

« Au Japon où l’on a beaucoup étudié le phénomène, qui est essentiellement masculin, on observe un fort problème de construction identitaire, en raison de l’incapacité des pères japonais à communiquer avec leurs enfants. »

FAUX : Rien ne prouve que les pères japonais soient incapables de communiquer avec leurs enfants. C’est une généralisation infondée et qui ne s’appuie sur aucune preuve tangible.

 

« On note aussi le fait d’enfants rois, enfant élevés dans une grande permissivité, surprotégés, qui décident de s’enfermer autant par caprice que par peur du monde extérieur, on a évoqué aussi une relation fusionnelle à la mère, renforcée par une absence de rivalité avec le père. »

Qui est ce « on » : « on » note « on » évoque ? Sur quoi s’appuie l’affirmation selon laquelle les personnes en retrait social sont des enfants surprotégés, qu’ils ont peur du monde extérieur, qu’ils ont « une relation fusionnelle à la mère renforcée par une absence de rivalité avec le père » ? A-t-on prouvé une différence avec les personnes non-hikikomori ?

La même question se pose concernant l’addiction à internet : y a-t-il une différence entre ceux qui sont hikikomori et ceux qui ne le sont pas ? Aucune étude ne montre que les hikikomori passent davantage de temps sur l’ordinateur et internet comparé à une population contrôle.

Note: Je commenterai l’émission lorsqu’elle sera disponible en replay.

*Saitō, Kazuhiko 齊藤万比古et al. 2010. Shishunki no hikikomori wo motarasu seishinka shikkan no jittai haaku to seishin igaku teki chiryō enjo shisutemu no kōchiku nikansuru kenkyū 思春期ひきこもりをもたらす精神科疾患の実態把握と精神医学的治療 ・ 援助システムの構築に関する研究. http://www.ncgmkohnodai.go.jp/pdf/jidouseisin/h19-jidouseisin.pdf

Hikikomori / Frontiers in Psychiatry

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OPEN ACCESS article including a case from CANADA

Internet Addiction, Hikikomori Syndrome, and the Prodromal Phase of Psychosis

Stip E, Thibault A, Beauchamp- Chatel A and Kisely S (2016) Internet Addiction, Hikikomori Syndrome, and the Prodromal Phase of Psychosis. Front. Psychiatry 7:6. doi: 10.3389/fpsyt.2016.00006